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Concentrations médias

Concentrations médias

Le Media Board intervient en l’absence de contrôle national

En avril 2026 le European Board for Media Services a rendu un avis important concernant l’acquisition de Ringier Hungary – éditeur notamment du tabloïd Blikk – par le groupe Indamedia. Particularité de cette affaire : aucune autorité nationale n’avait évalué l’impact de cette opération sur le pluralisme des médias ou l’indépendance éditoriale.

Cette intervention constitue l’une des premières applications concrètes des nouveaux pouvoirs prévus par l’European Media Freedom Act (EMFA).

Pourquoi le Media Board est intervenu

Avec l’EMFA, les concentrations dans le secteur des médias doivent désormais être examinées en fonction de leurs effets sur la diversité des médias, le pluralisme des voix et l’indépendance éditoriale, dans le cadre d’une appréciation autonome complémentaire par rapport aux procédures de concurrence.

Lorsque les autorités nationales ne procèdent pas à cette évaluation, le Media Board peut intervenir de sa propre initiative. C’est ce qui s’est produit dans le cas hongrois.

Le cas Blikk en Hongrie

En 2025, Indamedia – déjà propriétaire du portail d’information Index.hu – a annoncé l’acquisition de Ringier Hungary, éditeur notamment de Blikk, l’un des journaux les plus lus du pays.

L’opération n’a pas été examinée par l’autorité hongroise de la concurrence et aucune procédure relative au pluralisme des médias n’a été engagée au niveau national.

Plusieurs organisations de défense de la liberté des médias ont alors alerté le Media Board, notamment en raison du niveau déjà élevé de concentration sur le marché hongrois, de l’influence importante des médias concernés et du contexte politique sensible à l’approche des élections nationales.

Les conclusions du Media Board

Dans son avis, le Media Board estime notamment que :

  • l’opération renforce considérablement la concentration du marché médiatique hongrois ;
  • le nouveau groupe disposerait d’une influence importante sur l’information en ligne et dans la presse écrite ;
  • les garanties protégeant l’indépendance éditoriale apparaissent insuffisantes ;
  • le contexte hongrois présente déjà des risques élevés pour le pluralisme des médias.

Le Media Board regrette également l’absence totale d’évaluation nationale de cette concentration.

Pourquoi le secteur luxembourgeois devrait s’y intéresser

Cette décision montre que l’EMFA modifie profondément l’approche européenne des concentrations dans le domaine des médias :

  • le contrôle ne repose plus uniquement sur le droit de la concurrence ;
  • les enjeux de pluralisme et d’indépendance éditoriale deviennent centraux ;
  • le Media Board peut désormais intervenir lorsqu’aucun contrôle national n’est exercé.

Pour les acteurs des médias au Luxembourg et ailleurs dans l’Union européenne, cette affaire constitue un signal important sur la manière dont les futures concentrations pourront être appréciées.