Le 16 octobre 2026, l’ALIA a animé un « World Café » en collaboration avec l’OKAJU (Ombudsman fir Kanner a Jugendlecher) dans le cadre du Forum sur la résilience « Gesond liewen an enger digitaler Welt », organisé par le Centre National de Prévention des Addictions (CNAPA). Cet événement, qui marquait la clôture des « Semaines de la santé mentale », avait pour objectif de sensibiliser le grand public aux moyens de préserver sa santé mentale et de renforcer sa résilience dans un monde de plus en plus numérique.
Le « World Café » animé par l’ALIA et l’OKAJU s’inscrivait dans le volet « Protection », l’un des quatre axes thématiques du forum, aux côtés de la prévention, de l’intervention et de l’empowerment. Il était consacré à une question centrale : comment protéger les enfants et les adolescents sur les plateformes numériques, tout en respectant leur autonomie et leur droit à la participation ?
Réunissant des professionnels de différents secteurs, les échanges ont notamment porté sur les risques liés à la vie privée, au partage d’images et de données personnelles, au cyberharcèlement ainsi qu’aux comportements inappropriés en ligne. Une attention particulière a été accordée au rôle des parents dans l’accompagnement numérique de leurs enfants.
Les discussions ont souligné l’importance d’un dialogue ouvert et sans jugement, permettant aux jeunes de parler de leurs expériences et de leurs difficultés, sans devoir craindre de sanctions. Plutôt que de réagir systématiquement par des interdictions, les parents sont encouragés à écouter leurs enfants, à s’intéresser aux plateformes qu’ils utilisent et à chercher des solutions avec eux. Leur rôle de modèle dans l’utilisation responsable des médias numériques a également été mis en avant. L’importance de fixer des règles adaptées à l’âge des enfants, de les accompagner dans la gestion de leur temps d’écran et de leur proposer des activités hors ligne a également été soulignée.
Un constat essentiel s’est dégagé des échanges : protéger les jeunes ne signifie pas limiter systématiquement leur autonomie, mais leur donner les moyens d’évoluer dans l’environnement numérique de manière responsable et en toute sécurité. Cela passe par la confiance, l’accompagnement et la participation active des jeunes aux décisions qui les concernent, tout en maintenant la responsabilité des adultes de les protéger.
Lors de la conférence organisée en soirée, Charel Schmit, Ombudsman fir Kanner a Jugendlecher, a présenté les principaux risques auxquels les enfants et les adolescents sont confrontés dans l’environnement numérique, notamment les violences en ligne, les contenus inappropriés et les nouveaux risques liés à l’intelligence artificielle. Il a également souligné l’importance de garantir les droits des enfants, en conciliant leur protection avec leur droit à l’information et à la participation.
Samra Cindrak, représentante de l’ALIA, a ensuite présenté la proposition de règlement « EU Kids Act » de la commission européenne, qui vise à harmoniser les mesures de protection des mineurs dans les Etats membres. Elle prévoit notamment un modèle d’accès progressif aux réseaux sociaux selon l’âge, accompagné de mesures de contrôle parental et de protection renforcée des mineurs. L’intervention a également mis en avant l’importance de l’éducation aux médias et la nécessité de fournir aux parents des outils et des conseils pratiques pour mieux accompagner leurs enfants dans leurs usages numériques.
La table ronde qui a suivi a permis d’approfondir plusieurs questions d’actualité, notamment l’éventuelle interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs, les mécanismes de vérification de l’âge et la solution fondée sur le portefeuille européen d’identité numérique (« EU Digital Identity Wallet »), proposée par la Commission européenne.